Le pourquoi du choix de l'abonnement d'Elder Scrolls Online

Hier, le studio ZeniMax Online confirmait le modèle économique d'Elder Scrolls Online reposant sur un abonnement mensuel. Aujourd'hui, Matt Firor explique ce choix par la nature et l'ambition d'ESO, tout comme par l'évolution du marché.

Hier, le studio ZeniMax Online annonçait son choix de modèle économique pour Elder Scrolls Online et misait sur l'abonnement mensuel - dans un contexte massivement multijoueur qui laisse pourtant la part belle au free-to-play. La décision suscite des réactions contrastées (les enthousiastes côtoient les déçus) et Matt Firor s'emploie aujourd'hui à expliquer, voire à justifier ce choix.
Selon le producteur, l'abonnement mensuel se justifie autant par par la nature d'Elder Scrolls Online que par ses ambitions ou l'évolution actuelle du marché des MMO.

Le pourquoi du choix de l'abonnement d'Elder Scrolls Online

On le sait, le principal atout des modèles free-to-play consiste à faire tomber les barrières à l'entrée (les joueurs hésitent à investir dans un jeu, la gratuité initiale des modèles de free-to-play invite à tester sans engagement). Elder Scrolls Online devra faire ses preuves comme les autres, mais bénéficie d'une licence de poids, attractive pour elle-même, et selon Matt Firor dans les colonnes de PCGamesN, cette seule licence a déjà permis d'attirer « trois millions d'inscrits au bêta-test » (pour « quelques dizaines de milliers de testeurs » évoluant actuellement dans le jeu et d'autres doivent suivre). Si ESO n'opte pas pour un modèle free-to-play, c'est parce que le titre n'en aurait pas besoin.

Stormhaven
Daedroth

Mais attirer le chaland ne suffit pas et il faudra évidemment fidéliser les simples curieux. Pour y parvenir, Matt Firor compte sur le contenu de son MMORPG. Au lancement, ESO devrait proposer « entre 120 et 150 heures de jeu pour chacune des trois Alliances, sans inclure les affrontements RvR et les donjons de haut niveau ». On sait que les développeurs sont souvent prompts à gonfler ces promesses et Matt Firor renchérit : après la sortie, les équipes de ZeniMax Online entendent déployer des mises à jour de contenu « tous les quatre à six semaines ». On sera curieux d'évaluer l'ampleur de ces mises à jour (certains revendiquent des rythmes de publication très élevés, mais intégrant un contenu minimaliste) et Matt Firor estime qu'un suivi efficace (des mises à jour d'envergure, des serveurs robustes et un support client présent) nécessite le financement régulier propre à l'abonnement.
Il entend surtout dissocier les problématiques économiques des questions ludiques : « les Elder Scrolls reposent sur un monde gigantesque, dans lequel vous vous immergez, que vous explorez, vous allez dans un donjons, et nous ne voulons pas imposer de péage ou de droit d'entrée à la porte, vous disant que vous ne pouvez pas faire ce donjon parce que vous n'avez pas l'option néessaire ». Il poursuit. « Pour nous, ça signifie que les questions de monétisations restent à l'extérieur du jeu : vous payez un abonnement, vous accédez au jeu et quand vous êtes dans le jeu, vous êtes totalement dans le jeu et avez accès à la totalité du jeu, sans éléments issus du monde réel ou nécessitant votre carte bancaire ». « Rien ne rompt l'immersion plus rapidement que demander de dépenser de l'argent pour déverrouiller un coffre ou obtenir un morceau d'équipement ». À chacun ensuite de faire son choix entre les titres free-to-play qu'on consomme à la carte et les MMO à abonnement, façon buffet à volonté.

Armure de Redgard

Enfin, pour Matt Firor, l'abonnement se justifie aussi par l'évolution du marché. On sait que les modèles free-to-play tendent à s'imposer aujourd'hui comme une norme. Mais cette évolution est le fruit de la domination longtemps exercée par World of Warcraft (le MMORPG de Blizzard monopolisait le marché et laissait peu de place à la concurrence, contrainte d'avancer l'argument de la gratuité). Aujourd'hui, World of Warcraft accuse le poids des ans, perd des abonnés et laisse donc le champ libre à d'autres titres qui en profitent, qu'ils s'agissent de blockbuster (Final Fantasy XIV, WildStar) ou de MMO plus intimistes (Camelot Unchained). Selon Matt Firor, le marché des MMO se diversifie en termes de contenu et de plateformes (ESO sera aussi distribué sur consoles), et en profite pour se renouveler. L'abonnement y retrouve sa place. De quoi imaginer un retour en force des MMO dits payants, à l'heure où l'on prophétise un avenir 100% free-to-play ? Peut-être.
Rendez-vous quoiqu'il en soit l'année prochaine pour évaluer les performances d'Elder Scrolls Online, tant en termes ludiques que commerciaux.

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